Vio Creuzo

 

 

 


Patrimoine, patrimoine …
LA VIO CROEZO

Michel VIVIER

« Vio croezo …Oui. Tu ne sais pas ce qu’on appelle la VIO ! » s’exclame Marcel VOIRON, mon interlocuteur.

Il est difficile de transcrire la prononciation de l’ancien Lalizollois : elle est tout en diphtongues, une façon de dire que l’on a perdue. Je lui avais demandéde préciser ses connaissances sur le thème habitat-habitants, à l’orée du XXème siècle et fort naturellement VOIRON avait abordé ses souvenirs en commençant par ceux qui concernaient des lieux bien connus : ceux du voisinage de sa propre maison, rue des Hortensias. La rue des Hortensias est cette rue qui met en liaison la route de la Bosse et un des accès au cimetière en traversant … la VIO CROEZO, du moins son prolongement qui mène à l’Église.
De son accent chantant du midi, Madame VOIRON avait remarqué : « Chez nous, on dit VIA ou VIALA. J’ai entendu dire les deux. »

Entre deux flancs pentus, encaissée dans l’épaisse couche d’argile du terroir relativement plat dit de « la TAUILLE », la voie débouchait sur le terre-plein de l’église primitive. Dans l’autre sens, son tracé conduisait à la vieille motte féodale que l’on suppose datée du Xème siècle.
Comprendre la vie d’un chemin n’est pas si aisé qu’il n’y paraît.

Citons quelques éléments de réflexion.
Il faut maîtriser l’histoire de son environnement, de ses terroirs, celle de leur évolution en fonction des activités des hommes qui les ont fréquentés à toutes les époques.
La voie existe de par sa fonction propre qui s’impose à un moment donné de l’histoire des hommes : établir une communication géographique entre deux lieux, entre des lieux.

Pour la connaissance de notre VIO, nous sommes loin d’avoir tous les éléments qui ont présidé à sa formation.
On peut raisonnablement penser que primitivement la voie offre une communication entre les terroirs de La BOSSE (orthographe ancienne BEAUCE) et ceux de la plaine dans le grand axe SUD-EST.
Cette zone de LA BOSSE demeure attractive pour les hommes de par sa richesse en MINERAIS divers dont l’étain nécessaire à la fabrication du bronze. D’autre part, son boisement conjugue deux autres intérêts : la présence d’une matière première évidente, le BOIS, et un espace de REFUGE. Notre « PAYS DE LISOLLE » est donc évidemment concerné par ces différents caractères.

Il est de tradition de rappeler que les tout premiers accès se firent par la voie basse, en suivant, naturellement, rivières et ruisseaux. Ainsi, pour accéder à la Bosse, en venant de la plaine, par le Sud–Est, on peut s’introduire par la VEAUCE, contourner le Massif de BOYNAT et accéder par une double voie : ou par le CHEIX DU BLANC, ou par le BOIS DES CREUX.Ou bien on peut encore s’introduire par LA GUELE, affluent de la Veauce, passer le gué de DUEME (sur la commune de LALIZOLLE) et accéder aux TUREAUX.
(Plus tard, ces voies seront doublées par des voies de crête ! La VOIE ROMAINE qui passe par FONTBELLE, proche de BOYNAT en est un exemple).

La VIO pourrait désigner l’accès par GUELE dans son entité, le cheminement par LES TUREAUX du Nord de LALIZOLLE menant indifféremment soit à NADES, soit à la BOSSE.
Ce serait alors une VOIE ANTIQUE.
Sur son passage, au moins deux éléments historiques de grande importance pour le petit pays :
la MOTTE et l’ancienne CHAPELLE ayant donné naissance à la petite église rejetée sur l’extrémité de l’éperon.

La proximité géographique de ces deux éléments n’est sûrement pas un fait du hasard ; La VIO n’a pas dit son dernier mot ! Communication entre ces deux lieux, refuge en des temps troublés …
Nous en reparlerons.

Pour le moment ce qui importe après une nécessaire prise de conscience de son importance en tant que vestige patrimonial, c’est sa SAUVEGARDE.Ce chemin creux peut être, d’autre part, fort attractif en matière de promenades-découvertes qui seront, à l’avenir, de plus en plus demandées. Il mérite une attention particulière du « Pays de Lisolle » afin d’étudier toutes les façons de le protéger et de le mettre en valeur.

 

1 Accès au bois de la Tauille    2 Dans, le cruex en V, la voie   3 accès direct au champ    4 chemin d'accès au terroir de Chélabé    5 vers l'église     

                           

          

     A gauche, la Vio en creux, peu à peur recouverte    et à droite, elle passe entre les deux arbres, devant elle est infranchissable, colonisée par les brousailles.