sous les hêtres

     Ci-dessus : à gauche, la couverture de la revue publiée en 1937 par les élèves de Monsieur RAY, dans laquelle on trouve en première page la reproduction de droite ainsi que le texte suivant :

     Quel joli titre ! Nous sommes les élèves de Boënat, gai village situé au coeur de la forêt des Colettes, pays des grands hêtres, des champignons, du froid et de la neige.
     Tous les ans, comme récompense, nous recevons un livre de prix. Cette année, pour que notre Coopérative Scolaire puisse acheter l'imprimerie, nous avons préféré nous en passer. Nous imprimerons les devoirs modèles   illustrés par de beaux dessins, et tous les mois chacun aura son journal.
     Nous serons fiers de montrernotre travail à nos parents et heureux de le relire à la fin de l'année.
     Comme nous allons bien travailler !
                                                                                                   Lucette REDON, Marcelle DICHAMP.


     AU MOULIN
     Mon papa a un moteur au gaz-oil pour faire marcher son moulin lorsque l’étang est vide. Voilà au moins un an qu’il ne s’en est pas servi. Cette année, comme il n’y a guère d’eau dans la Veauce, il est obligé de le faire marcher;
     Les jeudis, je suis content de l’aider. Jeudi dernier, je l’ai aidé toute la matinée. J’ai balayé le moulin, j’ai mis de la farine dans des sacs, du son dans les autres. J’ai surveillé le moteur, j’ai porté de l’eau.     Aussi papa était bien content et moi j’étais bien heureux de lui avoir fait plaisir.
                                                                                                                                                                                 Jacques BERTRAND

 

     De plus, voici un article paru dans « Sous les Grands Hêtres » de janvier 1938 :

   UN FAUX GENDARME
     Pendant l’été, nous étions à la machine chez M. Péronnet, au Moulin. Comme tous les meuniers, M. Péronnet aime beaucoup jouer des tours et raconter des histoires. Il nous a raconté ceci :
      « Lorsque j’étais jeune, il y avait à Boénat une femme qui menait paître son troupeau dans les petits semis d’arbres. Elle faisait beaucoup de mal dans le village.
      Un jour, j’ai pris les guêtres de mon père, une grande veste et un képi ; je suis descendu au-dessous de mon moulin, vers la bergère. En me voyant, elle s’est mise à trembler ! D’un air méchant je lui ai dit :
     - Comment vous appelez-vous ?
       Elle ne voulait pas me répondre, puis elle m’a dit ses noms et prénoms, son âge, son domicile. J’inscrivais tout cela sur mon carnet ! J’ai emmené la femme jusqu’au village, puis je l’ai relâchée. Elle n’a plus recommencé ! »
                                                                                                                                                                                      Ernest ECHÉGUT