Les surnoms

Les surnoms Dans les temps, nos grands-parents et même avant, avaient l’habitude de donner des surnoms aux gens. Pourquoi ? Chez nous, il y avait le Grand Biomy ? Mon père, le Merle, mais tout cela venait de loin, parce que ils avaient bien pris et il y en avait dans la famille qui sifflaient tout le temps. Le Lapin, il était toujours dans les haies pour veiller les bergères et leurs bergers qui allaient leur rendre visite, et bien qu’ils ne fassent pas de mal, il allait le dire à tout le monde et même il en rajoutait. La Vapeur, il travaillait si vite que les gens ne l’ont pas regretté. D’un champ à l’autre, ils l’appelaient aussi le Caillou. Les Rollet, je ne sais pas de quel côté cela venait. Le Coq Nain, ça datait de longtemps, moi je l’ai toujours entendu appeler comme cela. Les Polites, je ne sais toujours pas. Au village voisin, il y avait un nommé Geay, on l’appelait Jaya, c’était plus vite dit. Il y avait le Coucou. Peut-être qu’il allait nicher dans le nid des autres ? Mais tout cela ne plaisait pas à tout le monde. Un jour de batteuse, mon père faisait toujours le pailler, parce qu’il le faisait bien et que tout le monde ne savait pas. Le patron fit monter vers lui, pour l’aider à approcher les bottes, le Lapin, le Geai, le Coucou et le Coq Nain. Il y avait toujours des farceurs : « Tu as bien choisi ton monde là-haut, sur le pailler. Avec un bon coup de carabine, tu ferais un bon civet avec le lapin, un coq au vin avec le coq nain, mais le merle, le coucou et le geai, c’est seulement bon dans une grosse pomme de terre. Le Lapin, vexé, descendit du pailler et ils ne l’ont plus vu de la journée. Comme ça ne plaisait pas, chez nous et notre famille, on appelait les gens par leurs noms et leurs prénoms. Quand on me disait un surnom, moi je ne connaissais pas. Et même, j’ai entendu dire par des vieux qu’il y avait les Moutonniérâ, les Barrettes et d’autres que je ne me rappelle plus. Dumont Lydia