Le Pierre Perrot F

Comment le Pierre Perrot est devenu le fermier du Duc de Morny en son domaine de Boënat Le Duc de Morny avait besoin d’un métayer dans son domaine de Boënat. Mais d’un bon métayer ! Comment faire pour le choisir ? Avec son régisseur de Nades, il fit venir trois cultivateurs de par ici. Il les amène dans une vieille grange où la charpente était pleine de toiles d’araignées qui pendaient de partout ; elles étaient ici depuis longtemps ! Le régisseur dit : « Monsieur le Duc veut savoir comment vous allez faire pour enlever ces toiles d’araignées. » Le premier dit : « J’ai cinq ou six gamins. Je leur donnerai chacun un balai de bouleau avec un grand manche et en s’amusant, ils les enlèveront ! » Le deuxième, il regardait dans la grange. Je vais prendre une échelle dans le fenil, une petite et une plus grande dans l’aire. « Avec un fagot de fougères au bout de ma fourche, je les enlèverai vos araignées ! » Le dernier fut un de nos aïeux : le Pierre Perrot. Il venait de Chirat. Dans le domaine des Perrot, il avait travaillé avec deux de ses frères. L’un retournait à Vernusse, l’autre résidait à Louroux, lui vint aux Ronzières. Le duc le regardait : « Et vous mon brave, comment allez-vous faire pour nettoyer la grange ? » Le Pierre Perrot regarda et se mit à rire : « Pauvre Monsieur ! Vous vous faites bien du mauvais sang pour rien ! Vos araignées, je ne veux pas les ôter maintenant. Je les ôterai pendant le beau temps ! Accroupi sur la soupente quand je tasserai le foin ! Avec le pompon de mon bonnet je n’en laisserai aucune ! » Le Duc dit à son régisseur : « Lui, au moins, il veut remplir les granges de foin : c’est un bon paysan. C’est lui que je veux dans mon domaine ! » Et c’est comme cela que le Pierre Perrot devint le métayer du Duc de Morny, dans son domaine de Boënat : c’est à cause des araignées ! Roger Malapaire