Communautées

Les communautés à Lalizolle en Bourbonnais.

En étudiant les milliers de documents numérisés aux Archives départementales de l'Allier, nous avons trouvé que deux types de documents faisaient référence à des communautés : les contrats de mariage et les contrats de dissolution de communauté.

Naissance des communautés familiales.


Il semble que dès le XI° siècle, « pour faire face aux droits de successions, prélevés sur les biens de leurs serfs, imposés par les seigneurs, les paysans forment les communautés familiales agricoles, avec à leurs têtes, les maîtres de communautés. La mise en commun de leurs biens, leurs confère des conditions de vie meilleures. »

« Dans les sociétés rurales anciennes, les conditions de vie et de travail incitent au regroupement des individus et au développement des solidarités familiales face aux difficultés et dangers de tous ordres. À cela s’ajoute un élément juridique emprunté au droit coutumier : la formation d’une communauté taisible permet d’échapper à l’exercice du droit de mortaille du seigneur sur ses serfs (en vertu du droit de mortaille, les biens d’un serf décédé sans enfants passaient au seigneur, sauf si les biens laissés par le défunt avaient été mis en commun avec ceux d’autres tenanciers). »

La Nouvelle Coutume du pays et Duché de Bourbonnais (1521) consacrait 14 articles aux Communautés, de la façon de les contracter tacitement jusqu'à leur poursuite en cas de décès, en passant par le pouvoir du chef ou par la distinction entre biens et dettes qui la composent ou au contraire ceux qui en sont exclus. A partir de l'ordonnance de Moulins (février 1566), la plupart continue à suivre le droit coutumier mais les contrats écrits par devant notaire deviennent obligatoires sitôt que la valeur dépasse 100 livres. C'est aux Archives Départementales en série 3E que l'on peut retrouver trace de ventes, mariages, partages, etc. concernant nos aïeux. Après la Révolution, le Code Civil instituant l'idée que nul n'est tenu de rester dans l'indivision, la plupart des Communautés qui ont résisté jusque-là vont donc être amenées rapidement au partage et à la disparition.

En certaines régions, les communautés ont fortement marqué la topographie, donnant naissance à des hameaux dont chaque maison était occupée par un ménage appartenant à la communauté.

Les survivances dans la toponymie sont encore plus importantes. Les toponymes en « ière » (Les Ronzières? ) ou en « rie » (la Maitainerie) et, plus encore, ceux précédés de « les » Les Granges Gaudion, Les Faugères où de Chez témoignent le plus souvent de l’existence en ces lieux d’une ancienne communauté .
Peu nombreux à Lalizolle, ils sont très nombreux par exemple à Servant où on trouve Les Berthons, Les Moignons, Les Penots, Les Cartonnets, Chez Carados ou à Nades avec Combemorel.

Formation ou modification de la communauté.


Quand il n’est pas né dans la communauté, le commun y entre généralement par mariage, en épousant un membre d’une association voisine. L’affaire est traitée entre les chefs des deux communautés. Le nouveau marié (ou la nouvelle mariée) quitte alors définitivement son ancienne communauté pour la nouvelle, en apportant une dot qui entre définitivement dans les biens de la communauté d’accueil. S’il devient veuf ou veuve sans enfant, il pourra rejoindre sa communauté d’origine, mais en emportant ses seules hardes et son pécule personnel, sans récupérer sa dot. Autant que possible, les mariages se font par échange entre deux communautés : par une double union l’une donne une fille et on lui rend un garçon, et réciproquement. Il y a ainsi substitution de personnes et de droits.

La communauté des Cante.


L'ancêtre Cante Gilbert, habitant du hameau de Paraclos, paroisse de Lalizolle à l'époque,  se marie trois fois et lors du mariage de deux de ses fils, le 17 février 1737, il élargit la communauté qu'il forme déjà avec sa dernière femme et son fils Jean l'aîné époux de Françoise Debosses, issu du premier mariage.
La communauté passe ainsi à neuf têtes ou portions, Gilbert restant le maitre de la communauté.
Il reste à remarquer que la dernière épouse de Gilbert Cante est aussi la mère des trois filles Debousset de son premier mariage avec Debousset Pierre (1781-1717) 

 

Communauté Barrel .


Bonnet Barret, époux de Matinier Catherine, habitant de Boënat, marie son fils Jean avec Saupizet Jeanne fille de Gilbert et défunte Buvat Louise, habitants de Coutansouse.
A cette occassion, il élargit sa communauté qui sera composée alors de lui-même, qui reste le maitre, de son épouse, de son autre fils Noël déjà époux de Baylot Gilberte , des deux futurs époux et de Gilbert Barrel. La communauté aura alors sept têtes ou portions.

 

Barrel Bonnet

 

Matinier Catherine

 

X 9/2/1696

 

X 1/2/1695

   

Barrel Jean

Saupizet Jeanne

 

Barrel Noël

1670-1740

Boilot Gilberte

 

Barrel Gilbert

 

Communauté Cante Giraudet


Le dix février 1707, à l'occasion du mariage de Jean Cante avec Giraudet Jeanne, une contrat de mariage est dressé et il se forme une communauté entre les deux fils de Deschatres Françoise.
Jeanne Giraudet est née à Servant vers 1673 et est la fille de Jean dit la Simonette et de Gidel Catherine. Elle apporte comme participation à la nouvelle communauté une somme de cent dix livres ainsi que son trousseau.
La communauté sera composée de « quatre têtes ou portions égales savoir ledit futur et future pour deux , Bonnet Cante et Giraudet Marie autres deux. »
Mais cette communauté ne durera pas longtemps puisque en 1711, les deux frères se sépareront.

 

Cante Pierre

+ < 1704

1676

Deschatres Françoise1650-1730

   

1707 Lalizolle

 

1704 Lalizolle

     

Cante Jean

1678-1741

Giraudet Jeanne

1673-1737

 

Cante

Pierre

Grosbost

Amable

 

Cante Bonnet 1689-1719

Giraudet Marie

Communauté Grosbost Cante.


Le 18 mai 1704, Françoise Deschatres mariant un autre de ses fils et à cette occasion avait déjà formé une communauté à sept têtes.
« Furent présents en leurs personnes Noël Grosbost maréchal et sous son autorité Amable Grosbost .. de défunte Antoinette Tartiva d'une part, Françoise Deschatres veuve en premières noces de défunt Gervais Jouandon et en secondes de défunt Pierre Cante Bonnebouche et sous son autorité Pierre Cante son fils et dudit défunt, Jean Jouandon fils du premier lit, et sous son autorité Simone Cante sa femme fille de Jacques Cante Bonnebouche et de défunte Charlotte Laforest gens de labeurs habitant au bourg et paroisse de Lizolle. »

 Pour sa participation à la communauté Amable Grosbot reçoit cent livres de dot mais celle-ci est payable en deux fois, cinquante livres dans deux ans puis le reste, trois ans après.
Elle a bien sûr aussi un trousseau composé  « un lit de plume, couette, chevet, tour de lit, une bonnette de serge, quatre linceuls, une nappe, six serviettes, un coffre de bois de noyer fermant à clef garni de son menu linge, une robe nuptiale. »
La communauté «  ledit mariage fait et accompli le futur et la future seront communs avec ladite Françoise Deschatres et ledit Jean Jouandon et Simone Cante ont sept têtes et portions égales savoir ledit futur et future deux, ladite Deschatres,une , ledit Jouandon, et sa femme autre deux, Jean et Bonnet Cante frères germain dudit futur autres deux, les sept faisant le tout, en tous biens meubles et conquêts et immeubles à faire, dissolution de communauté arrivant par mort ou autrement, générale ou particulière sera au choix de la future et des siens de s'y tenir ou d'y renoncer. »

On remarque que les deux frères du futur sont intégrés dans cette communauté qui ne va pas durer  elle aussi  très longtemps puisque les deux frères en ont formé une autre dès l'année 1707.

Les autres communautés.


Pour s'en tenir à Lalizolle, de nombreux autres paysans vivaient en communauté. Pour ne citer de quelques patronymes

Communauté Dubost Renoux.

Dubost François Defaugère Anne

(Nades)

 

Renoux Jean greffier de Boënat

Gaulminet Martine

 

Dubost Gilbert Peyrisson Martine

(Nades)

             

Dubost Bonnet

Renoux Gilberte

 

5 janvier 1648

Renoux Catherine

 

Dubost Gilbert

La communauté former à cette occasion sera de six têtes.

Le contrat est passé dans la maison de Gabrielle Cante, la belle mère de Jean Renoux, les deux filles Renoux ont au moins six frères et la rédaction du contrat est faites devant une dizaine de témoins dont trois prêtres ! Les communautés ne sont pas seulement le fait de pauvres laboureurs.

Communauté Defaugère Cante.


A l'occasion d'un contrat de double mariage croisé, il se forme deux communautés.

Defaugère Annet

Cante Catherine

 

Cante Antoine

Souillat Marie

         

Defaugère Antoine

Defaugère Etiennette

 

Cante Antoine

Cante Françoise

 

Le 6 novembre 1649, le double mariage prévu unira Antoine Defaugère à Cante Françoise, et le second, Cante Antoine à Defaugère Etiennette.
La première communauté sera à cinq têtes et portions égales et comprendra Annnet Defaugère et son épouse Cante Catherine, Antoine Defaugère et Françoise Cante et Defaugère François, frère célibataire.
La seconde communauté sera à quatre têtes ou portions égales et sera formée par Cante Bonnebouche Antoine l'ainé et son épouse Souillat Marie ainsi que Antoine Cante le jeune et sa future Defaugère Etiennette..

Communauté Batisse Matinier.


Le deux juillet 1690, au bourg de Lalizolle, un contrat prévoit le mariage de Claude Batisse, tisserand avec Anne Matinier.

   

Batisse Bonnet défunt

 

Gauminet Simone

 
               

Batisse Antoine

Mathé Antoinette

 

Batisse Jean

Defaugère Françoise

 

Batisse Claude futur

Matinier Anne

Les trois frères forment alors une communauté à six têtes, deux pour chaque couple.

Communauté Renoux Labbaye.


Le 24 janvier 1789, un contrat est passé entre Claude Renoux sabotier, fils de défunt Claude et Alexaline Marie avec Labbaye Madeleine fille de Philippe et Montel Marie.
Le futur forme alors avec son beau père une communauté à quatre têtes et ira habiter chez celui-ci. Mais la communauté ne devra pas durer longtemps car Philippe décède le 29 décembre 1790.

Communauté Vivier Boylot. 5/2/1775


Le 5 février 1775 Boylot Etienne époux de Roumy Antoinette de Servant marient leur fille Marie avec Vivier Jean fils de Gilbert et Bidet Marie de Lalizolle.
La communauté comprendra quatre têtes Gilbert Vivier et Marie Bidet pour deux qui seront les maitres et chefs et le futur et la future deux. La future apporte la somme de cent livres.
Une trentaine d'année plus tard, c'est au petit fils de Gilbert Vivier de se marier. Henry Vivier est le fils de Jean Vivier le coeur et de Marie Boylot habitants de Lalizolle et la future Procule Vivier, est la fille de Jean et Brunet Marguerite, de Lalizolle aussi.
La future apportera la somme de 200 francs et ainsi, entrera dans une communauté de six têtes comprenant Jean Vivier et Boylot Marie qui seront les chefs, deux portions, Antoine Vivier et Marie Vivier, deux et le futur et la future, deux.
Pour ce contrat, apparaît le détail des frais de notaire qui se monte à 8% des sommes engagées.

Communauté Moncouyoux François Renoux Marguerite.


Un dernier exemple car il montre qu'après la suppression des communautés par le Code Napoléon, il pouvait encore se constituer une structure identique.
« Par devant Pierre de Neufville notaire au département de l'Allier résident en la ville et canton d'Ebreuil arrondissement de Gannat soussigné furent présents François Moncouyoux fils de Gilbert et de Gilberte Barrel cultivateur métayer au lieu de Boënat en la succursale de Lalizolle, assisté dudit son père seulement, demeuant avec ledit père et mère d'une part et Marguerite Renoux, fille de Gilbert et de Laurence Sarassat son épouse, cultivateurs métayères demeurant tous ensemble au lieu de Mincère en la succursale de Lalizolle. »
Les parents, comme dot, lui fournissent le trousseau classique et une somme de vingt francs  « pour faire la mise de ladite future épouse dans la société générale cy après stipulée. »
« 4- les futurs époux feront leur demeure et résidence en la maison et compagnie desdits Gilbert Moncouyoux et Gilberte Barrel son épouse père et mère du dit futur époux et il y aura une société générale composée de sept têtes et portions égales dont deux pour lesdits père et mère qui seront les chefs et administrateurs, deux pour lesdits futurs époux, deux autres pour Gilbert Moncouyoux fils et Marie Beaulaton son épouse et la septième pour Gabriel Moncouyoux. »
La structure de la communauté est exactement calquée sur celles des communautés antérieures, avec un maitre et une maitresse, des parts égales, un droit payé pour y entrer....
Or ce contrat est passé à Ebreuil le 17 janvier 1811.

Cette liste est loin d'être exhaustive, elle ne fait que montrer des exemples variés, que le système de communauté est très fréquent, concerne des paysans plus ou moins fortunés, que la taille de la communauté est variable de 4 à 9 parts,qu'il est d'une durée pouvant être plus ou moins longue.

Dissolution de communauté.


Un commun peut demander à sortir de la communauté, mais il ne pourra plus jamais y revenir. Il pourra alors emporter ce qui lui appartient en propre et éventuellement percevoir une petite indemnité, mais il ne pourra plus rien réclamer de l’héritage de ses parents à leur décès.

La séparation de frères Cante.

Le dix février 1711 « En leurs personnes Jean Cante & Bonnet Cante frères laboureurs habitants du village de Momprat paroisse de Lizolle lesquels ont reconnu avoir fait le partage de leurs biens et immeubles délaissés par le décès de Pierre Cante leur père et de Françoise Deschatres leur mère (avec) son consentement … que lesdits partageant ont retirés chacun leur part et portions des meubles meublants bestiaux et denrées compris dans leur communauté avec leur  deux femmes laquelle au moyen des présentes demeure nulle éteinte et interrompue par ledit partage … ont fait deux lots égaux et iceux tirés au sort dans un chapeau par un enfant pris en vue. »

Jean reçoit le premier lot :
« Premièrement une maison étable et une …. au devant ladite maison et étable couverte à pailles .. ; ensemble située au village des Faugères susdite paroisse de Lizolle joignant les bâtiments de François Bonnebouche et … et le patural et terre dudit Bonnebouche , plus une terre appelée le champ de la Font de la contenance de trois septerées ou entour … confiné avec la fontaine , plus une terre appelée les Palles de deux septérées joignant le chemin venant de Chalouze allant à la Laudre …, plus une autre terre appelée pré de Jimbaud et la terre appelée les Tiolières de la contenance de trois septérées joignant le pastural du sr du Chatelard et le grand chemin de Monpras , plus une autre terre appelée les Tiolièriares contenant deux septérées ….. plus les terres vacques appelées Les Chaumes d'entour six quartellées , plus un pré appelé le Eliaudy joignant le chemin de Monpras allant au bois de Ranciat … »

Remarques :
Les unités de mesure anciennes sont très difficiles à utiliser car elles peuvent varier, sous le même nom, du simple au double, d'une région à l'autre.
Dans le cas de partage, l'unité principale est la septerée. C'est la surface ensemencée par un sétier de grain. La mesure de Gannat donne comme correspondance, 57,45 ares.
L'emine qui vaut 2 quartes, est une unité de mesure de grains. Elle vaut entre 20 et 50 litres.
L'ensemble des terres de Jean représente environ 6 ou 7 hectares. Il aurait été intéressant de connaître le nombre de bêtes pouvant être élevées sur une si petite surface dont deux prés.
La description des lieux permet de localiser les propriétés ; elles sont à proximité du hameau des Faugères, entre les routes actuelles de Chouvigny et  d'Ebreuil.
Sur le cadastre napoléonien, on aperçoit bien plusieurs maisons mais il n'est pas question d 'un lieu nommé Momprat. Il existe cependant sur ce plan une maison isolée située dans un triangle formé par le chemin des Granges Gaudion au hameau des Faugères et le chemin de l'étang Roux . La région est nommée Contrée des Cotes. C'est le lot 210 de la section E.

 Bonnet a lui le deuxième :
« Le second est advenu à Bonnet Cante et lui appartiendra une maison chambre étable joignant ensemble avec son jardin au devant aisance et app.. situés au village de Monpras joignant la terre appelée champ de la garenne , plus une étable à Benfon.... avec un petit appentis le tout couvert à pailles plus un pré appelé le couniray et de contenance à faire un char de foin plus une terre le champ de la garenne de la contenance de quatre septérées confiné par le grand chemin de .. à Montaigut plus une terre appelée le fondrau de la contenance de trois quartelées joignant le grand chemin des Granges Gaudion allant de Monpras plus une terre appelée les Cottes de la contenance de six quartelées , plus une terre appelée les Noyers de la contenance d'une septérée joignant l'étang Roux et la terre en percière plus un pré appelé pré Delafont à faire deux chars de foin plus un pastural de la contenance d'une eminée joignant le chemin des Granges Gaudion . »

La surface en terre semblerait ici de 4 hectares mais le lot paraît plus important en prés. Par contre la localisation de la maison est plus problématique, il doit être assez proche mais je ne connais pas le lieu nommé Mompras, peut être plus près de l'étang Roux.
Dans les deux lots, les maisons sont couverte à pailles et la partie habitation, très réduite, puisque seule, celle de Bonnet semble avoir deux pièces (maison, chambre).

La dissolution de la communauté des Cante.


Gilbert Cante et sa dernière  épouse ont constitué en 1737, une communauté à neuf têtes.
Or, le 25 avril 1741, Jean Cante et son épouse Jeanne Dubousset se retirent de la communauté mais celle-ci persiste à sept têtes.
En fait Jean Cante et son épouse récupère le moulin d'Echassières et veulent l'exploiter ensemble.
« Jean Cante .. et ladite Jeanne Dubousset sa femme à … jouir dudit moulin et héritages dudit Echassières sans en rendre aucun compte aux autres communs ils sont et demeurent d'accord qu'ils en jouiront jusqu'au jour et fête de Saint Martin d'hiver prochain. »

Dissolution de la communauté Thibaud Ferrandon.


La communauté est alors formée par le couple Thibaud Michel et Aubois Catherine et Ferrandon Annet époux de Thibaud Antoinette, tous habitants de Boënat, paroisse de Lalizolle.
Ici, la cause de l'interruption de communauté est le décès de Michel Thibaud.
« Ils ont fait division et partage à l'amiable de tous leurs meubles … de cette communauté … quatre têtes … par le mariage dudit Ferrandon et sa femme du neuf septembre mil six cent septante neuf desquels meubles et effets a été fait quatre lots et .. tirer au sort le premier lot est arrivé à ladite Aubois, le second et le dernier à ladite Antoinette Thibaud et le troisième audit Ferrandon son mari. »

Conclusion.


Dans la coutume du Bourbonnais, s'était mis en place un système contractuel qui permettait de regrouper un certain nombre de personnes, habitant sous le même toit, travaillant à part égale, dont les biens étaient mis en commun. L'avantage d'un tel système semble indéniable puisque, même si le code Napoléon ne lui a pas permis de perdurer légalement, il s'est maintenu jusqu'à une période beaucoup plus récente sous une forme moins formelle.

Mes cousins formaient encore dans les années 1960-70 un tel groupe : sous le même toit coexistaient l'ancêtre, veuve, son fils Auguste et son épouse Alice, leur fils Yves et son épouse Gilberte et leur deux jeunes filles. La ferme exploitée permettait d'entretenir six vaches, une truie et une volaille nombreuses. Sans nostalgie, cette façon de vivre depuis plusieurs siècles de la majorité de nos ancêtres a disparu. Elle fait partie du patrimoine.

Pour en savoir plus, deux livres de Mme Henriette DUSSOURD ont relancé l'intérêt pour les Communautés :
"Au même pot et au même feu "- 1962
"Les Communautés familiales agricoles du Centre de la France" – 1978

Toutes les informations se rapportant à Lalizolle proviennent des Archives Départementales de l'Allier ; archives notariales numérisées par l'équipe du Quérail.