Chouvigny Eglise

Chouvigny sur Sioule

Irénée BARBARAT

Irénée BARBARAT qui s’était attaché à l’histoire de VEAUCE et à celle de NADES, ne pouvait passer sous silence celle de … CHOUVIGNY. Et pour cause … tant l’histoire locale qu’il rencontrait en tout acte notarié dérivait des relations étroites entre ces trois « pôles ».
En 1993 il bouclait un manuscrit sur CHOUVIGNY qu’il présentait à la Commission d’Édition de la Fédération Départementale des Foyers Ruraux de l’Allier. Dans sa réponse de janvier 1994, la Commission d’Édition soulignait la qualité de l’œuvre mais regrettait de n’avoir point trouvé de partenaire pour réaliser l’édition.
On sait ce qu’il advint de la Fédération Départementale des Foyers Ruraux et de ses difficultés de trésorerie.
Irénée Barbarat, dans les années qui suivirent, affaibli par sa santé déficiente, avait laissé de côté son manuscrit. Madame BARBARAT, récemment, en fit don à l’association « Pays de Lisolle » pour en faire bon usage. En Conseil d’Administration, il fut décidé, dans un premier temps, de publier quelques chapitres du manuscrit au sein du bulletin « Le Quérail ».
Parmi le sommaire suivant : Lointain passé La Sioule Le château L’église Au fil des ans Formation de la commune Sous le Second Empire Séparation de l’Église et de l’État Chouvigny sous la 3ème République Problèmes scolaires Le désenclavement Relation avec l’extérieur De nos jours

Nous avons choisi dans ce numéro : « l’église ».

Pendant longtemps, après 1155, les environs de Chouvigny dépendaient de la paroisse de Salpaleine. On pense même qu’une partie de Nades et Lalizolle y était rattachée.
Entre 1300 et 1350, mettons 1330, Guillaume II de Chouvigny fit construire une église au-dessus de son château. Chouvigny devint paroisse avec un curé auquel Guillaume II assigna des rentes. « Et est assavoir que le curé de Chovigny à cause de sa dicte cure a accoutumé de prendre sur le dict mas dessus confiné outre le cens dessus confessé un sestier soilhe mesure Charroux à lui donne par feu bonne mémoire messire Guillaume de Chovigny ».

Cette première église servait de tombeau aux gens fortunés.

25 février 1633 : Geneviève de Lhormet veuve d’Antoine Genest, désire être inhumée aux tombeaux des prédécesseurs de feu son mari et à celui qui est au-devant du principal autel.
17 Janvier 1672 : testament d’Annet Genest et Anna Hayraud sa femme des Guillins pour être inhumés dans l’église.
Honorable homme Jean Mercier a été inhumé le 1er décembre 1685 à l’entrée de l’église devant l’autel de Saint Jean.
Le 10 décembre 1707, Guillaume Galdet, curé de Chouvigny, est lui aussi enterré dans l’église.

Il s’agit évidemment de la première église aujourd’hui disparue et dont il restait quelques fondements de murs au début du siècle (1900). Elle occupait une partie du cimetière côté est. Elle était patronnée par Saint Denys.
Le 5 juin 1684, Louis de Lafayette, fils de Marie-Madeleine Pioche de la Verne (Madame de Lafayette), donne une maison « joignant le chemin de l’église de Chouvigny à la croix de la Garde » pour servir de maison curiale et presbytère à messire Antoine Ravet curé de Chouvigny. C’est sans doute l’emplacement du presbytère actuel.

On a retrouvé la trace de deux cérémonies de baptême de cloche. Au mois de juin 1707 on bénit la seconde (?) cloche à laquelle on impose les noms de Saint Denys et Saint Roch. Le parrain est Mathieu Charrière et la marraine demoiselle Élisabeth Rochefort.
Deuxième cérémonie : « aujourd’hui vingttroisième jour de l’année 1727 a été bénite la petite cloche de l’église de Chouvigny en l’honneur des Saints Denys, Roch, Addon et Sennen. A été parrain messire Louis de Lafayette et pour marraine dame Marie Estienne, épouse de monsieur le comte du Vivier ».

Comment a disparu l’ancienne église ? Quel était son style, son emplacement exact ? À quelle date a été construite l’église actuelle ? On dit qu’un vieillard ayant une dizaine d’années vers 1825 parlait d’un voisin « enterré à la place de l’ancienne église, à gauche en entrant au cimetière côté est ».

C’est sans doute vers les années 1820-1830 que la nouvelle église a été construite. Un inventaire, en 1845, fait état de son extrême pauvreté : dix vieilles chaises, soixante-deux bancs en mauvais état, quatre statues en bois anciennes représentant la Sainte Vierge, Saint Roch, Saint Denys, Saint Blaise, un calice et patène en vermeil valant 350 F, etc

 .

On trouve également le budget de la fabrique pour 1854 : en recettes bancs pour 130 F, quêtes 10,25 F, casuel 13,30 F, reinages (?) 40,20 F, releveille 3 F pour un total de 196,75 F. En dépenses pain 6 F, vin 20 F, cire 50 F, huile 34 F, entretien 9,80 F pour un total de 190,00 F.

C’est à l’abbé Ronchaud, curé de Chouvigny pendant 53 ans qu’on doit l’agrandissement de l’église « insuffisante pour une paroisse de 1 030 habitants ».

Population déjà en baisse puisqu’en 1900, on comptait moins de 900 habitants en y comprenant plus de 120 enfants de l’Assistance Publique de la Seine. L’église n’avait que son unique nef principale. Ronchaud fit construire les deux chapelles latérales de la Sainte Vierge et de Saint Roch vers 1840. En 1842, il installe un chemin de croix. En 1854, grâce à la générosité de mademoiselle Lesbre d’Ébreuil, le plafond actuel remplace un plancher vermoulu horizontal fait avec des planches mal polies et grossièrement clouées en sous-œuvre sur des solives transversales. À travers ce plancher on voyait le toit de l’église. À la place du campanile minuscule on éleva le campanile actuel (traité passé par la commune de Chouvigny avec Barbier fondeur à Moulins). On alla chercher cette cloche aux Prénards au cours d’un hiver très rigoureux.

À cette époque le choeur de l’église s’avançait jusqu’au Christ placé plus tard lors de la mission de 1898. La sacristie était à l’ouest et occupait l’emplacement actuel de l’autel de la Vierge. En face, à l’est, il y avait une autre sacristie ou plutôt un débarras à la place de l’autel de Saint Roch. M. Ronchaud fit démolir ces deux sacristies, ce qui permit d’agrandir en les allongeant les deux chapelles latérales. On construisit la sacristie actuelle sur le cimetière. La croix de Saint Roch fut établie vers 1863. On doit également à l’abbé Ronchaud l’aménagement du presbytère. Le plan des réparations a été établi par Vincent architecte à Naves le novembre 1851. M. Grenier régisseur de la terre de Nades sous de Morny fit don à Ronchaud de l’emplacement de l’actuel « jardin du bas » dans les « vignes Lafayette ». C’est grâce au travail de ses paroissiens que Ronchaud put transformer ce terrain « composé de rochers d’inégale hauteur, séparés par des crevasses plus ou moins profondes » en un jardin.

On s’étonne dans le livre de paroisse que Ronchaud n’ait pas profité des bonnes dispositions du Duc de Morny pour faire bâtir une église et un presbytère convenables. Il paraît bien « qu’il n’avait que le moindre signe à faire ». Mais on fait remarquer que ses deux confrères de Nades et Lalizolle ne demandèrent rien non plus pour leur paroisse. Grâce à un legs fait par Mélanie Benay en 1908 la toiture de la grande nef a été entièrement refaite pour 505 F. En septembre 1909 l’intérieur de l’église a été réparé, la pluie passant par les toitures ayant pourri une grande partie des plafonds. C’est Lurçat plâtrier à Ébreuil qui fit les réparations ainsi que divers aménagements aux fenêtres et à l’entrée. C’est à la même époque que le niveau des deux cloches a été sensiblement abaissé « car lorsqu’on les sonnait à toute volée, elles imprimaient au campanile une trépidation inquiétante pour sa solidité ».

Liste des curés

 

Bonnet Himbault vers 1440
Antoine Malhiolat vers 1493
Antoine Richard 1541
Jean Fargent 1633
Bidet 1664
Jammes 1667
Barges 1681
Couchard 1683
Rance 1684
Sinturel 1685
Perrin 1695
Daniel 1698
Vialette 1699
Galdet 1707
Gardes 1737

Col 1745
Leclache 1747
Gerle 1791
Givaudan (?) 1791
Leclache à nouveau après le 9 thermidor
(il serait mort en 1800
Conchon 1814-1818
Pierre Roulle 1819-1827
Ronchaud 1831-1883
Grosjean 1883-1894
Malleret (1894—1942) au moment de la loi de séparation
Viriat (& Lalizolle) (1942—1943)
De la Rivière (id) (1943—1947)
Charlier (id) (1947—1954)