Aveu

Le Parler bourbonnais aux XIII° et XIV° siècle.
Géraud Lavergne Archiviste-Paléographe
Paris Honoré Champion Moulins Louis Grégoire 

1322, 7 décembre. — Aveu de Guillaume de Chouvigny, sieur de Nades, pour ce qu'il tient en fief du sieur de Bourbon à Nades, Lalizolle, Bellenaves et Saint-Bonnet-de-Rochefort, dans la châtellenie de Chantelle.

A touz ceaus qui verront ces presens letres Guillaumes de Chauvinhiet chevaliers, sires de Nades, et Rogiers de Chauvinhyet, damayseaus, sis fereres, salut.

Sacheent tuit que nos confessons et conoyssonsa tenir en fief et homanage frant et lige, et notre devantier hant acontumé a tenir, de très haut noble et poyssant monssegnor le conte de Clarmont, seygnor de Borbon et charabarier de France, notre meyson et la vile de Nasde et tote la parroche de Nade et totz les homes et les femes habitans en la dita parroche et toutz lé boyes et les garenes et lé prés et les eystans et les peyscheryes, terres ganhies et non ganhies, thalhes, cens, rendes de blé et d'argent, parceres et jutices haute et bace et grant et petite, mère et mixte, empere, et tote la juridisiom que nos havons en la vile et en la parroche et hau mas dau Chanbaron  ; item l'usage planier que nos avons a l'at de nostra mayson et de nos fors et de nos molyns apartenens a la mayson de Nasde, et les pasquier et le pasturagede nos beystes au boyes et en la foretz de Tranceont, a arder et chaufier et bastir et rebâtir, clorre et totes nôtres hautes necesité fere, eceté vendre ; item la terce partietz de la vile de la Glisole  et de mas et de boes et de cens et de talhes et déniés et de parcieres et de rendes apartenens a ladita vile et adit mas et la tercia partie de la justise de ladita vila et de mas desus dit ney que s'apartene a ladita vila ; item totz le boyes et les homes et les rendes que nos avos en ladita parroche de la Glisole, et la juridision aute et bace que nos avons audit boyes et audit home, ni en lor tenemens, exceté le boys mor dau boyes de Baynetz ; item la juridicion aute et bace que nos avos au mas de la Faya , au botz de la Bigoarda, et totes cetes choses sunt de la parroche de la Glisole ; item totz les cens et les rendes que nos avons en la parroche de Balanava et de Sein-Bonnet  et de Tison  ; lesquel choses desus dites sunt asises en la chatelenie de Cha[n]thella, et podon valer checun anc por leal extimansiun un"* libras de renda, et si plus valent, le plus connesons a tenir de notre senhor desus dit. 
Au tesmoing de ce, nos avons mis nos ceaus en sses presens letres.
Doné le mardit après la feste de ceynz Nicholauz d'ivers, l'an degrâce M.CCC et XXII.

A tous ceux qui verront ces présentes lettres Guillaume de Chouvigny chevalier, sire de Nades, et Roger de Chouvigny, damoiseau, ci frères, salut.

Sachant … que nous confessons et connaissons tenir en fief et hommage franc et lige, et notre devancier … accoutumé à tenir, de très haut noble et puissant monseigneur le Comte de Clermont, seigneur de Bourbon et chambrier de France, notre maison et la ville de Nades et toute la paroisse de Nades et tous les hommes et les femmes habitant en ladite paroisse et tous les bois, et les garennes et les prés et les étangs et les pêcheries terres garnies et non garnies, tailles, cens, rente de blé et d'argent, percières et justices haute et basse et grande et petite, mère et mixte, empere et toute la juridiction que nous avons en la ville et paroisse et au mas de Chanbaron, item l'usage planier que nous avons … de notre maison et de nos forts nos moulin appartenant à la maison de Nades, et les pasquiers et pâturages de nos bêtes au bois et en la forêt de Tranceont, a arder et chauffer et bâtir et rebâtir, clore et toute notre autre nécessité faire, excepter vendre, item la tierce partie de la ville de La Lisole et de mas et de bois et de cens et de tailles et deniers et de percières et de rentes appartenant à ladite ville et audit mas et la tierce partie de la justice de ladite ville et de mas dessus dit ney qui appartiennent à ladite ville, item tous les bois et les hommes et les rentes que nous avons en ladite paroisse de la Lisole, et le juridiction haute et basse que nous avons audit bois et audit hommes, ni en lortenemens, excepté le bois mor du bois de Boënat, item la juridiction haute et basse que nous avons au mas de la Faye, au bois de la Bigaurde et toutes ces choses sont de la paroisse de la Lisole, item les cens et les rentes que nous avons en la paroisse de Bellenaves et de Saint Bonnet et de Tizon, lesquelles choses dessus dites assissent en la châtellenie de Chantelle et « et podon valer checun anc por leal extimansiun un libra de renda » et si plus valent, le plus connaissons à tenir de notre seigneur dessus dit.

 Au témoin de ce, nous avons mis nos sceaux en ces présentes lettres.

Donné le mardi après la fête de Saint Nicolas d'hiver, l'an de grâce 1322.

Remarques.

Le titre de ce livre, dont est extrait cet aveu,  est assez étonnant : il s'agit d'un texte très officiel, adressé au Comte de Clermont, seigneur de Bourbon.
C'est vraisemblablement un clerc qui a transcris, en respectant les formules en cours, les dires des sieurs de Nades.
Quel rapport avec la langue parlée par les habitants des lieux cités ? Je pense qu'à cette époque aucun des laboureurs ne parlait ainsi et même dans ce document, une phrase est dans une langue mélangeant latin et provençal. 

Dans les deux listes décrivant les droits des seigneurs de Nades, la première commence par les hommes et les femmes puis suivent les bois, les garennes, etc..
Mais dans la seconde, celle relative à Lalizolle, elle débute par les bois, les hommes, les rentes, etc..
Il semblerait que la hiérarchie entre les hommes et les terres ne soit pas établi !

 La terce partie de la ville de Lalizolle : donc au moins deux autres seigneurs possédaient des droits sur la paroisse, vraisemblablement l'Abbaye d'Ebreuil et le seigneur de Rochefort.
Boënat semble inclus dans le lot puisque le bois mort est réservé aux habitants d'autant que le hameau de la Faye était aussi une de leurs possessions ainsi que le hameau de la Bougarde.